Dans un article du Courrier (22.11.2012), Michaël Rodriguez raconte la série noire qui a touché la Suisse alémanique où trois personnes déboutées ont mis fin à leurs jours.

http://www.lecourrier.ch/103657/la_mort_comme_seul_asile

Trois requérants d’asile déboutés ont mis fin à leurs jours la semaine passée en Suisse alémanique. Samedi dernier, une femme érythréenne, mère de trois enfants en bas âge, s’est suicidée dans une clinique psychiatrique de Liestal (BL). La Suisse n’était pas entrée en matière sur sa demande d’asile et voulait la refouler en Italie, pays par lequel elle était arrivée en Europe. Les autorités de Bâle-Campagne avaient toutefois renoncé à exécuter le renvoi pour des raisons médicales. «Plusieurs personnes lui ont communiqué oralement cette décision, assure Adrian Baumgartner, porte-parole de la Direction cantonale de la sécurité. Nous ne comprenons donc pas ce qui s’est passé et nous sommes bouleversés.» Les autorités se pencheront sur le déroulement des faits qui ont conduit à ce drame. «Apparemment, quelque chose s’est mal passé», admet le porte-parole. La famille n’était pas hébergée dans un centre collectif mais «dans un petit appartement».

Traumatisé et en prison
Lundi, un jeune Russe persécuté pour son homosexualité dans son pays d’origine avait été retrouvé mort dans sa cellule de la prison administrative de Zurich-Kloten, où il était en attente d’expulsion. Il venait de recevoir une décision de non-entrée en matière. «Il était gravement traumatisé et souffrait de problèmes psychologiques. Les autorités le savaient et l’ont quand même mis en détention», s’insurge Denise Graf, juriste à Amnesty International, qui réclame une enquête indépendante. Le canton rétorque que le jeune homme a été examiné par un médecin indépendant avant d’être incarcéré. Il a ensuite eu «plusieurs séances de thérapie» avec un psychiatre sur place et n’a «pas exprimé d’idées suicidaires», relate Benjamin Tommer, porte-parole de la Direction zurichoise de la justice et de l’intérieur. La nuit précédente, un requérant débouté arménien, lui aussi emprisonné à Zurich mais pour des faits pénaux, s’était ôté la vie dans un hôpital à Winterthour. Pour Amnesty, ces suicides montrent les «graves défaillances du système d’asile suisse». En particulier, les autorités ne tiendraient pas suffisamment compte des besoins des personnes fragiles psychologiquement. Les conditions de détention des migrants en instance de renvoi sont aussi en cause. Dans son rapport 2011, la Commission nationale de prévention de la torture estime que le régime appliqué dans la plupart des prisons administratives n’est «guère compatible avec la protection des droits fondamentaux».

Zurich trop dur
En 2008, le Tribunal fédéral a jugé «disproportionnée» l’incarcération d’un migrant confiné vingt-trois heures par jour dans une cellule à Zurich-Kloten, ses seules sorties se limitant à une heure de promenade quotidienne et à deux douches par semaine. Le canton reconnaît que «les conditions de détention administrative ne sont pas idéales» et réfléchit depuis plusieurs années à la construction d’une prison «soft».

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