Alors que l’Italie est débordée par l’afflux de réfugiés depuis 2011, trois organisations religieuses italiennes (1) ont ouvert, en décembre dernier, des bureaux d’accueils à Tanger et Beyrouth afin de mettre en place des corridors humanitaires qui doivent permettre aux réfugiés les plus vulnérables de venir en Italie. Ce projet a reçu l’approbation du Ministère italien des affaires étrangères et permettra l’accueil d’un millier de personnes en 2016.

Depuis février, une centaine de réfugiés syriens basés au Liban ont bénéficié de ce projet qui vise uniquement la réinstallation de mères seules, enfants, femmes enceintes, personnes malades ou handicapées de confession chrétienne et musulmane. Elles sont sélectionnées par des associations humanitaires locales et le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR). Les associations religieuses assumeront les coûts pendant un an grâce à des fonds privés importants récoltés à Noël pour financer le voyage, le logement et un programme d’intégration pendant au moins un an.

L’Italie et la Grèce sont les pays européens les plus gravement touchés par l’arrivée de réfugiés et pourtant les initiatives de solidarité dans ces deux pays fleurissent. Les ministères grecs et italiens continuent d’encourager ce genre de partenariats public-privé qui offrent l’avantage d’être bien planifiés. Ils demandent aussi à d’autres pays européens d’offrir plus largement des visas humanitaires aux ambassades pour facilité la venue de réfugiés qui méritent de recevoir notre protection.

En 2012, la Suisse a abandonné la procédure de demande d’asile aux ambassades au profit de visas humanitaires trop rarement octroyés. En effet, l’une des conditions pour l’obtenir exige que la personne menacée le demande dans le pays où il réside. Si l’intéressé se trouve déjà dans un Etat tiers, les autorités considèrent en règle générale qu’il n’est plus menacé. Les Syriens qui se trouvent au Liban ne parviennent donc pas à recevoir de visa humanitaire alors que l’Ambassade suisse à Damas est fermée. C’est le même problème pour des personnes menacée en Lybie ou en Erythrée.

Enfin, les partenariats publics-privés en Suisse sont encore trop rares et les Eglises pourraient débloquer la situation et s’inspirer de l’exemple italien. Les critiques à l’égard des Eglises en Suisse ont été nombreuses l’été dernier malgré un appel à la solidarité aux requérants d’asile. Les Eglises suisses bénéficient de connections à l’étranger même dans des zones incertaines et dangereuses. Elles bénéficient aussi de contacts importants en Suisse et peuvent solliciter de gros donateurs privés pour organiser, avec l’aide du HCR, un corridor humanitaire semblable. Madame Simonetta Sommaruga n’avait-elle pas promis de contribuer plus largement au programme de réinstallation du HCR? Peut-être qu’avec l’aide des Eglises qui participent aussi aux programmes d’intégration en Suisse, elle serait encouragée à poursuivre dans cette direction.

(1) la Fédération des Eglises évangéliques italiennes (FCEI), l’Eglise vaudoise (Chiesa Evangelica Valdese) et la communauté catholique de Sant’Egidio.

A lire et écouter:

RTS Le corridor humanitaire en Italie pour les réfugiés syriens

Radio Vatican: Les premiers couloirs humanitaires pour les réfugiés mis en place

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