En Europe, l’idée d’un visa humanitaire pour les candidats à l’asile fait son chemin.

Dans « 2015: The Year we mistook Refugees for Invaders « (1)  Philippe Fargues fait une excellente analyse des causes et de la nature de la crise migratoire.  Il utilise les récentes statistiques européennes et analyse les politiques qui ont contribué à accroître les risques pour les migrants. 

En 2016, les conflits en Syrie, Irak, Libye et Palestine continueront de causer des déplacements civils et les réfugiés hébergés en Jordanie, au Liban, en Irak et en Turquie vont aussi migrer vers des pays plus sûrs. Les récentes démarches européennes pour stopper le flux migratoire (3) ne pourront rien changer au déplacement des migrants.

L’Union européenne a signé un accord avec la Turquie pour en faire un rempart mais les réfugiés syriens y sont mal perçus et régulièrement victimes d’attaques. La route lybienne vers l’Europe est toujours ouverte et ne pourra être complètement contrôlée malgré la mise en place de l’ « Opération Sophia » approuvée par le Conseil de Sécurité (4).

 

Donc en 2016 les migrants continueront d’arriver en utilisant de nouvelles routes migratoires toujours plus dangereuses et plus coûteuses. A moins que…l’Europe n’imagine un autre système d’entrée, celui du visa humanitaire qui serait octroyé rapidement dans des pays de transit à des personnes qui méritent protection.

Au Liban, en Jordanie et en Turquie, pays actuellement débordés, la mise en place de « centre de sélection rapide » ou « Hotspots » (5) permettrait d’ouvrir des procédures pour visas humanitaires. Sans remplacer la procédure de réinstallation mise sur pied par le UNHCR et qui concerne uniquement des personnes extrêmement vulnérables qui ont déjà obtenu un statut de réfugié, un système de visa humanitaire, ne bénéficierait pas uniquement aux réfugiés et aux migrants économiques mais aussi aux autorités européennes qui, en informant sur les conditions d’obtention d’un statut de réfugié en Europe, auront aussi l’occasion de mieux se rendre compte des difficultés humanitaires des populations menacées dans leur pays (6).

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(1) Policy Brief, Philippe Fargues, December 2015, Migration Policy Centre, European University Institute. 
(2) Source: UNHCR et UNRWA
(3) Le 29 novembre 2015, l’UE a signé un accord avec la Turquie afin que les réfugiés syriens reçoivent une protection temporaire. L’accord prévoit aussi une coopération rapprochée pour prévenir l’immigration illégale en Europe depuis la Turquie. En échange la Turquie reçoit une aide financière importante. Voir le Joint Action Plan EU-Turkey
(5) Uniquement en Grèce et en Italie actuellement.
(6) En 2012, la Suisse a malheureusement abandonné la procédure d’asile en ambassade au bénéfice du visa humanitaire dont les conditions d’obtention sont extrêmement difficiles selon l’OSAR. En pratique le système suisse n’est pas efficace et ne peut être un exemple à suivre. 

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