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Selon Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au Centre d’études et de recherche internationales de Science Po à Paris, il faut ouvrir largement les frontières à la migration internationale et donner la possibilité aux personnes migrantes de revenir au pays, de circuler plus librement, de développer des commerces -en toute légalité. Le projet migratoire avec une halte définitive dans les pays du nord doit, à terme, être remplacer par le projet de la mobilité comme mode de vie.

Actuellement seulement 3% de la population mondiale vit en dehors de chez elle ce qui est peu. Au contraire, cette experte en migration, ancienne consultante pour diverses organisations internationales, le dit haut et fort, l’ouverture des frontières serait extrêmement bénéfique pour les pays d’accueil et pour les pays d’origine. Selon elle, il faut encourager la mobilité: les pays d’origine en profitent puisqu’en 2012 on estime que 400 millions de dollars ont été renvoyé par les migrants dans leur pays ce qui représente trois fois l’aide publique au développement. La mobilité est reconnue comme essentielle au développement humain. Pourtant, les deux tiers de la population mondiale ne peuvent circuler librement. La plupart des pays industrialisés du Nord ont fermé leurs portes, bâti des murs, installé des camps de rétention sans réfléchir à long-terme.

Cette politique encourage les nombreux abus aux victimes migrantes (réfugiés politiques, climatiques ou économiques) qui risquent leurs économies, leurs vies pour passer illégalement les frontières. Beaucoup d’entre elles arrivent dépouillées en Europe, sans papiers (volés par les passeurs), sans argent, sans aucun espoir, dans l’état actuel des choses, d’une installation même provisoire en Europe par exemple. Ce traffic de personnes existe à cause des lois et des barrières actuelles et fait prospérer l’économie maffieuse.

Selon Catherine Wihtol de Wenden, les déficits économiques et démographiques liés à l’absence de mobilité, sans parler des coûts exorbitants des politiques de fermeture et d’expulsion sont des facteurs qui encouragent très clairement à inverser la logique et repenser fondamentalement nos politiques.

Un droit de migrer commence à s’énoncer et à faire l’objet de dialogues multilatéraux. Souvent menés en marge des États, ils révèlent les inégalités criantes du régime des frontières en fonction de la provenance et de la destination des migrants. Un plaidoyer pour un droit à la mobilité et pour l’avènement d’une diplomatie internationale des migrations.

Ouvrir les frontièresAutre liens:

Les Presses, SciencesPo: http://www.pressesdesciencespo.fr/livre/?GCOI=27246100787760

Voir aussi l’article d’aujourd’hui dans Le Temps « La migration est un bien publique mondial », Nic Ulmi, p. 19. Lien: http://www.letemps.ch/Page/Uuid/efce47c4-ad34-11e3-8440-67a1961e730b/La_migration_est_un_bien_public_mondial

Autres publications du même auteur : 1. La Question migratoire au XXIe siècle: Migrants, réfugiés et relations internationales, 2. La citoyenneté européenne, 3. Le défi migratoire: Questions de relations internationales, 4. Les immigrés et la politique: Cent cinquante ans d’évolution.
Tous ces ouvrages sont accessibles sur: http://www.pressesdesciencespo.fr/fr/livre/?GCOI=27246100787760&fa=author&person_id=152#content

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