Dans un communiqué de presse l’OSAR demande aux autorités suisses de considérer la réintroduction de la procédure de demande d’asile aux ambassades. L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR constate que le visa humanitaire vanté comme remplacement valable de la demande d’asile auprès d’une ambassade ne permet pas de protéger efficacement des réfugiés persécutés dans leurs pays. Jusqu’à décembre 2013, seuls 34 personnes ont bénéficié d’un geste humanitaire de la Suisse. Puisque le Conseil fédéral demande au Parlement la prolongation des mesures urgentes dans le domaine de l’asile, l’OSAR critique l’abolition de la procédure aux ambassades, le système actuel des visas humanitaire ne permettant pas de protéger la vie et l’intégrité corporelle des réfugiés menacés contrairement à ce que promettait Mme Simonetta Sommaruga, chef du DFJP. Selon Beat Meiner, le Secrétaire-général de l’OSAR:

La réalité est toute différente, les Syriens fuyant de la guerre civile, mais aussi les Érythréens déplacés au Sinaï sont éconduits des ambassades de Suisse au Caire ou en Turquie, soi-disant parce qu’ils ne sont plus en danger.

Selon l’OSAR, les autorités suisses sont avares dans leur marge d’appréciation des cas sérieusement menacés et l’accès physique aux ambassades est un vrai problème. Souvent, il faut des mois rien que pour obtenir la permission d’entrer dans l’ambassade. L’OSAR invite donc les autorités suisses compétentes à améliorer la mise en œuvre du visa humanitaire pour qu’il devienne un véritable instrument d’aide aux personnes menacées.

Pour des informations supplémentaires, veuillez contacter Stefan Frey, porte-parole de l’OSAR: tél. 079 509 47 89, ou stefan.frey@bluewin.ch.

3 commentaires »

  1. Pourriez-vous détailler un peu le système d’accueil des Syriens que vous souhaitez que la Suisse développe (concrètement) ?

    La Suisse a développé une politique très active pour améliorer les conditions de vie des personnes déplacées dans les pays voisins (aide financière très importante) et a donné un visa à toutes les personnes qui avaient de la famille en Suisse (du moins jusqu’à ce qu’elle se rende compte que le système était détournée et créait des incitations non prévues). Elle a en outre adopté le même système que la Suède, c’est-à-dire qu’elle ne renvoie aucun Syrien qui a posé le pied sur son territoire (sauf cas Dublin). On peut tout au plus lui reprocher de ne pas statuer sur les demandes d’asile et de temporiser (mais les gens sont accueillis, hébergés et peuvent prétendre à tous les droits des personnes en procédure, y compris donc le droit au travail après trois mois).

    Qu’est-ce que la Suisse pourrait faire de plus ?
    Vous n’avez pas le sentiment qu’elle est un des meilleurs élèves sur la question de l’accueil des Syriens ? ou alors merci de nous expliquer en quoi elle serait un cancre.
    Que font en comparaison la Turquie, l’Iran, le Qatar, l’Arabie saoudite (qui financent activement une partie des combattants) et les pays voisins ?

  2. Il y a dans le terme « traquenard » l’idée de tromperie, de faux-semblant. Si les autorités décident de remplacer la procédure de demande d’asile aux ambassades suisses et de la remplacer par un système de visa humanitaire qui selon le Département fédéral de justice et police sauverait des personnes vraiment menacées, il faut que les autorités appliquent cette nouvelle procédure correctement et cessent de demander toutes sortent de garanties aux personnes concernées. En outre il faudrait que le DFJP et le DFAE coopèrent correctement pour protéger des personnes réellement menacées. Ce qui n’est pas le cas actuellement. L’octroi au goutte-à-goutte des visas humanitaires dans les circonstances actuelles du conflit en Syrie est inadmissible. A mon avis mieux vaut ne pas avoir de système en ambassade plutôt que de faire semblant d’en avoir un.

  3. Vous n’avez pas peur que le terme « traquenard » (que vous avez utilement supprimé de votre copié-coller ; dernier mot du communiqué de l’OSAR) ne conduise tout simplement nos autorités à supprimer le visa humanitaire ?

    Cela me rappelle l’aide d’urgence. Cette aide a été décidéepar 3 juges fédéraux contre 2 (donc d’extrême limite) et certaines ONGs la dénonce comme un acte de répression. Se rendent-ils parfois compte que rien est pire qu’un peu ? et que leurs mots ont un sens et que les « droits acquis » qu’ils croient améliorer sont souvent bien fragiles ??

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