Après le drame de Lampedusa, il faut s’interroger sur la pratique abusive de la Suisse en matière de renvoi vers l’Italie où la procédure, le système d’accueil et de réception des requérants d’asile sont en dessous des standards européens acceptables tels qu’ils sont établis par les différentes directives européennes qui forment le socle en matière de politique commune de l’asile dans l’Union européenne. L’OSAR dénonce dans son communiqué de presse d’aujourd’hui (http://www.fluechtlingshilfe.ch/actualite/renvois-intenables-vers-l-italie/renvois-intenables-vers-l-italie), la pratique de la Suisse en matière de transferts Dublin vers ce pays.

En juin, une délégation de l’OSAR s’est rendue à Rome et Milan et à constater la situation précaire des requérants d’asile en Italie. Pourtant, la Suisse est, de loin, le pays qui renvoie le plus de réfugiés en Italie. Huit renvois Dublin sur dix vers l’Italie (soit 83,9 pour cent) interviennent en provenance de la Suisse. Sur un total de 3 551 personnes de tous les Etats Dublin ayant dû repartir en Italie, près de 3 000 venaient donc de la Suisse.

Actuellement, près de 64 000 réfugié-e-s statutaires vivent déjà en Italie où les capacités d’accueil sont surchargées et insuffisantes. Les requérants n’obtiennent aucun soutien et finissent dans la rue ou dans des maisons abandonnées, dans la criminalité ou la prostitution.

En outre, les obstacles pour accéder à la procédure d’asile sont aussi nombreux. A Milan par exemple, une attestation de domicile est systématiquement exigée pour pouvoir introduire une demande d’asile. A Rome aussi, les requérant-e-s d’asile doivent être en mesure de présenter une adresse. Dans ces deux villes, l’enregistrement formel de la demande d’asile peut prendre plusieurs mois. Pendant cette période, aucun hébergement n’est proposé aux personnes concernées, qui se retrouvent bien souvent sans abri. La situation est encore plus compliquée pour les mères ou les pères isolés devant s’occuper de leurs enfants.

Dans la procédure italienne, la protection est en général accordée aux enfants, mais au prix d’un hébergement séparé des parents ce qui est contraire à la convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant. Cela explique pourquoi de nombreuses personnes deviennent des sans-abris ou finissent dans des squats ou des bidonvilles. Le Selam Palace à Rome offre une réalité choquante et inhumaine à bien des égards. Environ 800 personnes d’Afrique de l’Est y habitent, parmi lesquelles des familles et des femmes isolées avec leurs enfants. Selon l’OSAR : « L’immeuble est autogéré par un comité et dirigé selon des règles hiérarchiques strictes. Les conditions sanitaires y sont précaires, il n’y a qu’un seul cabinet de toilette pour 250 habitants. »

Le système italien est bien en-dessous des exigences européennes en matière d’asile car il est surchargé par le volume des demandes d’asile et affaiblit par la crise économique et politique du pays. Les autorités suisses d’asile devraient reconsidérer sérieusement l’application quasi-automatique du règlement Dublin en ce qui concerne les renvois vers l’Italie.

Rapport disponible : le rapport complet de la délégation de l’OSAR est disponible sur le site internet http://www.fluechtlingshilfe.ch/bienvenue-sur-le-site-web-de-l-osar?set_language=fr.

Un documentaire intéressant sur les renvois vers l’Italie et le système d’accueil:
Rome’s homeless refugees at the heart of European law row – video: http://www.theguardian.com/world/video/2011/oct/07/rome-homeless-refugees-european-law-video.

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