claude ruey Claude Ruey, président de l’EPER (Entraide protestante suisse), ancien conseiller d’Etat libéral vaudois, ancien conseiller national PLR (ex-Conseiller national), intervient sur sa page Facebook, jeudi 2 mai à propos du Congrès du PLR sur l’immigration (4.5.2013).

Comme je ne pourrai pas être présent lors du congrès de samedi du PLR, mais que le président Philipp Müller invitait les membres du parti opposés à la ligne du papier sur l’immigration à venir s’exprimer, je vous fais part en quelques mots des raisons pour lesquelles ce document n’est pas satisfaisant. Au moment où vous débattrez de ce texte en effet, je serai en mission au Proche-Orient, probablement en train de visiter un camp de réfugiés (!), et serai donc incapable d’intervenir dans le débat.
Comme le PLR, je suis convaincu qu’on ne peut pas accueillir le monde entier en Suisse. Comme le PLR, je pense qu’on doit faire preuve de réalisme et ne pas tolérer les violations de la loi. Encore faut-il prendre des mesures à la fois efficaces et conformes à l’éthique libérale, éthique qui repose en particulier sur la liberté et le respect des personnes.
A l’époque, de nombreux libéraux-radicaux avaient voté contre la 9ème révision de la loi sur l’asile et celle de la loi sur les étrangers. Nous avions clairement indiqué que les mesures prises seraient non seulement peu respectueuses des personnes, mais qu’elles seraient contre-productives.
Les faits nous ont largement donné raison. Il est rare qu’on puisse prouver que ce qu’on disait avant une votation s’avère dans la réalité. Or tout ce que nous affirmions à l’encontre des modifications Blocher s’est réalisé : pas de changements quant à l’attractivité de la Suisse, mais des difficultés plus grandes sur le plan humain sans aucun bénéfice pour quiconque.
Aujourd’hui, à propos de l’immigration et de l’asile, on nous sert en quelque sorte les mêmes recettes inefficaces. Je comprends évidemment très bien qu’on ne peut pas pratiquer un libéralisme pur, qui postulerait une libre circulation sans aucune réserve, et je comprends tout aussi bien qu’on veuille se prémunir contre les dangers de l’initiative UDC comme de l’initiative Ecopop. Là où je ne comprends plus, c’est que pour combattre ces dites propositions, on entonne finalement les mêmes trompettes. Le papier de positionnement rédigé pour le congrès est totalement défensif, craintif et peureux, oserai-je dire. Il ne voit que les difficultés de l’immigration, ne traite la question que sous l’angle économique (ou à peu près) et passe totalement sous silence les avantages considérables dont l’immigration a fait bénéficier la Suisse, et sur le plan humain, et sur le plan culturel, et sur le plan économique.
En jouant ainsi les hérissons, les responsables du PLR se font finalement pompiers incendiaires et alimentent en arguments les adversaires, donnant ainsi plus de poids aux projets qu’ils voudraient combattre ! Certes, tout n’est pas à jeter dans le papier en question (un certain nombre d’exigences quant à l’intégration doivent en effet pouvoir être posées et précisées), mais son esprit est délétère et contre-productif. Les libéraux radicaux suisses feraient mieux d’être fidèles à leurs principes tout en faisant preuve d’un réalisme efficace conforme à leurs traditions, qui allient à la fois idéal et pragmatisme.
Ce n’est pas être de gauche que de le prétendre, c’est simplement faire preuve de réalisme, de lucidité et pourquoi pas d’humanité.

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